La faune sauvage, bénéficiaire indirecte du coronavirus

« Nous applaudissons cette interdiction, qui montre que le gouvernement chinois est déterminé à changer une tradition millénaire, totalement inappropriée dans la société actuelle, » se félicite Jeff He, directeur pour la Chine du Fonds international pour la protection des animaux (Ifaw), qui estime qu’une « révision plus stricte encore est en préparation ». 

Car, avec la deuxième crise sanitaire du genre en 17 ans, après le Sras, « je pense que le gouvernement a compris que le coût pour l’économie et le société est bien plus lourd que les avantages » de ce commerce, poursuit-il, tout en soulignant que « l’arrêt du commerce d’animaux sauvages doit être un effort conjoint de la communauté internationale ». 

Directeur de l’ONG internationale WildAid, qui lutte contre le trafic d’animaux sauvages, Peter Knights attend lui aussi la pérennisation de la décision chinoise : « Tout cela est très nécessaire et sensé, la seule question est : que se passera-t-il à long terme ». 

Pour lui, les enjeux vont désormais au-delà de la seule protection animale : « il y a de toute évidence quelque chose de bien plus grand en jeu, la santé humaine et des dégâts économiques massifs ». Or une interdiction chinoise d’envergure et confirmée pourrait changer la donne globale : « Nous espérons que la Chine pourra montrer la voie à une interdiction mondiale de ces marchés et user de son influence et de ses capacités » pour y aider, notamment en Asie du Sud-Est et en Afrique, où la consommation d’animaux sauvages reste aussi répandue.